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A l’occasion de l’inauguration d’Air de Paris à Romainville, nous sommes heureux de présenter « More », une exposition chorale réunissant 40 artistes qui s’étendra sur quatre niveaux, offrant aux visiteurs une déambulation dans tous les espaces de la galerie, de la cave au grenier, des réserves au toit-terrasse. Depuis bientôt trente ans, Air de Paris entretient un certain goût pour la périphérie. En nous installant à Romainville, nous poursuivons notre projet en empruntant les mots de Liam Gillick, Just More / More Just.

More avec : Leonor Antunes, Noah Barker, Sadie Benning, François Curlet, Stéphane Dafflon, Brice Dellsperger, Guy de Cointet, Trisha Donnelly, Eliza Douglas, Claire Fontaine, Jef Geys, Liam Gillick, Joseph Grigely, Guyton\Walker, Carsten Höller, Michel Houellebecq, Dorothy Iannone, Aaron Flint Jamison, Pierre Joseph, Ben Kinmont, Adriana Lara, Pierre Le Tan, Ingrid Luche, Mïrka Lugosi, Monica Majoli, M/M (Paris), Sarah Morris, Mrzyk & Moriceau, Jean Painlevé, Philippe Parreno, Bruno Pelassy, Rob Pruitt,Sarah Pucci, Torbjørn Rødland, Allen Ruppersberg, Bruno Serralongue, Shimabuku, Lily van der Stokker, Sturtevant, Jean-Luc Verna


ACCÈS PRESSE / PRESS ACCESS


REZ-DE-CHAUSSÉE
Nous avons choisi de vous inviter à entrer chez Air de Paris par son bureau. C'est l'équipe qui vous reçoit. L’activité est mise en avant.
Deux œuvres de Liam Gillick sont déjà visibles depuis l’extérieur de la galerie, en vitrine comme les peintures exposées dans le quartier de galeries plus classiques, par exemple rue de Seine. Ces impressions numériques ont été imaginées par l’artiste lors de sa participation à la Nuit Blanche en 2013, elles étaient collées dans les rues de Paris. Le double slogan Just More et More Justnous semble annoncer une époque nouvelle, où nous tenterons d’être plus équitables, plus écologiques dans notre pratique, plus justes.
Liam Gillick, Just More! 2013 / More Just!, 2013.

À votre gauche en entrant, un Projet de Pierre Joseph, en date de sa première exposition personnelle en 1992 chez Air de Paris, alors à Nice. Nous étions bel et bien voisins de la paroisse Sainte Rita, le curé nous avait offert une statuette de Sainte Rita qui avait été scellée dans une alcôve au-dessus de la porte d’entrée et bénie le jour de l’ouverture de la première exposition d’Air de Paris en 1990. Les Projets de Pierre Joseph insufflaient dans l’art contemporain l’imaginaire des jeux vidéo et des jeux de rôle, encore balbutiants. Pierre Joseph, Projet, 1992.
Un grand bouquet de fleurs à longues tiges : le Vase Misère de Jean-Luc Verna est un autoportrait : le visage de l’artiste dont deux mains forcent le sourire et lui font une figure clownesque. Le Joker ?
Jean-Luc Verna, Vase Misère #3, 2013.

Servez-vous sur le présentoir de cartes postales de Claire Fontaine composé d’images iconiques sur lesquelles sont apposées des textes qui en altèrent le sens. L.G.B.T.Q. remplace ici le L.H.O.O.Q de Marcel Duchamp qui - après l’essai de Freud - introduisait la question du genre de la Joconde.
Claire Fontaine, Untitled (Postcard rack / L.G.B.T.Q / L.G.B.T.Q. shaved), 2017.

Devant un pan de mur rouge, une oeuvre vidéo de Sturtevant vous interpelle. Hello ! Nous vivons ensemble à Disney World et nous sommes entourés par la pornographie des images produites par les grandes entreprises du divertissement.
Sturtevant, HELLO !, 2006.

Nos tables de bureaux sont une œuvre crée par Aaron Flint Jamison pour l’Éditathon Art + Féminisme 2016, produit par Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette dans le cadre de la campagne mondiale Art+Feminism, orchestration Kvardek du et Flora Katz. L’artiste a activé un nouveau message sur les défileurs à LED.
Aaron Flint Jamison, {{Reflist}}, 2016.

Accroché au pilier, un portrait de Clément par Michel Houellebecq. Michel Houellebecq, Pelage d’hiver.
Jamais loin du chien, le chat ou la grenouille ?
Mrzyk & Moriceau, Sans titre, 2014.

Au début des années soixante Sturtevant reprend le personnage de Krazy Kat du dessinateur George Herriman, après Öyvind Fahlström ; deux artistes de notre panthéon ; deux piliers pour un. Sturtevant, Krazy Kat, 1986.
Sous les fenêtres, un grand lys rouge. Pierre Jospeh reprend en photographie les dessins et gravures de Pierre Joseph Redouté, un autre feuilletage conceptuel.
Pierre Joseph, #pierrejosephredouté, Lys hybride (rouge), 2017.

Du bureau on peut choisir de monter aux étages d’exposition ou de descendre vers le sous-sol (notre storage), où vous pourrez voir une œuvre sur demande au bureau.


SOUS-SOL
Une photographie mystérieuse de Trisha Donnelly. Qu’en dire ? Une congère, une porte de garage, une image qui peut être accrochée dans tous les sens, une image qui n’a pas de sens.
Trisha Donnelly, Robert, 2001.


1er ÉTAGE
Le 1er étage est un espace dévoué à l’exposition qui comporte un nombre de fenêtres inhabituel, nous sommes loin du white cube classique. Nous allons maintenant penser à d’autres manières de présenter de la peinture et c’est amusant. Peut-être une structure comme des panneaux électoraux dans l’espace public ? Réactiver l’usage de la cimaise ?
Donc, vous entrez enfin dans un vrai espace d’exposition.
Mise en abîme d’exposition ? Face à vous une peinture d’Eliza Douglas accrochée au pilier reproduit une vue d’exposition de Josh Smith trouvée sur Internet.
Eliza Douglas, Josh Smith, 2018.

«À la recherche du plan central mis en échec par la violence, le désordre et la conspiration», une œuvre de Liam Gillick, un grand miroir déployé en cherche des trois personnages principaux de son livre « Le Grand Centre de Conférence ». Nous sommes tous des personnages en quête d’auteur.
Liam Gillick, A search for the centre ground kept in check by violence, disorder and conspiracy, 1998.

Vous noterez en passant qu’il y a dans cette exposition de nombreuses oeuvres qui sont en forme de chaises, de tables, de portes et d’étagères. Pas du design, non, mais elles pointent l’environnement domestique ou professionnel comme des espaces augmentés, rehaussés. Leurs formes épurées ou parfois au contraire exagérées, tirées vers le luna-park, occupent comme des fantômes ou ponctuent comme des indices une présentation inaugurale.A droite du miroir, la Petite Porte d’Ingrid Luche évoque un espace grotesque ou l’entrée de la maison hantée, une attraction de fête foraine.
Ingrid Luche, Petite Porte, 2012.

Encore une histoire de miroir. Monica Majoli habite une maison à Los Angeles dont les murs de la chambre à coucher sont recouverts de miroirs noirs. C’est là qu’elle a photographié plusieurs de ses amantes passées, dont elle peint un portrait quelques années plus tard. La lithographie représente les jeux de lumières particuliers produits par les reflets dans ces miroirs sombres.
Monica Majoli, Black Mirror (Jarrett), 2009-12.

Le « Storage Rack » de Joseph Grigely fait partie d’un ensemble d’œuvres qu’il nomme « les restes », ce ne sont pas des objets réels qui sont laissés derrière, mais plutôt des objets non-faits ou refaits, des extensions réifiées de leur réalité précédente. L’étagère en résine uréthane transparente a pu servir à ranger des peintures, mais maintenant son utilité s’avère inutile ; elle fait partie d’un monde ignoré, ainsi les éléments d’une nature morte classique.
Joseph Grigely, Storage Rack, 2012.

Le design de l’architecte brésilienne Lina Bo Bardi (1914-1992) a influencé plusieurs œuvres de Leonor Antunes. Ici, ce sont certaines expériences de Bo Bardi avec la forme et la proportion qui ont influencé une série d’écrans fabriqués à partir de wengé. Ces formes sont basées sur des éléments de béton que Bo Bardi a construit en 1988 pour la Casa do Benim à Salvador de Bahia, dans le nord du Brésil.
Leonor Antunes, a secluded and pleasant land in this land i wish to dwell #2, 2014.

Marcel Duchamp racontait : « Une patère était là, sur le plancher, un vrai portemanteau que j’avais envie, parfois d’accrocher au mur ; mais je ne suis jamais arrivé à le faire, si bien qu’il restait là sur le plancher et que toujours je me butais sur lui ; ça me rendait fou et je me suis dit : ça suffit avec ça ; s’il veut rester sur le plancher et continuer à m’ennuyer, d’accord, je vais le clouer et il restera simplement là... ». Pierre Joseph a doublé la taille du Trébuchet.
Pierre Joseph, Décor, Trébuchet (Marcel Duchamp), 1992/2017.

Philippe Parreno était directeur artistique de l’opéra Il Tempo del Postino en 2007 ; il reste une œuvre photographique de sa performance, pour laquelle il avait convié un ventriloque qui introduisait les interventions des artistes et qui lisait un texte sur les rapports du temps et de l’eouvre d’art, derrière un verre grossissant. Il devenait alors à lui-même sa propre marionnette. Le tirage photographique, signé de l’artiste et du ventriloque illustre la question « qui parle ? ».
Philippe Parreno, Postman Time, 2007.

A proximité, la « Maison-Oreille » est une maquette imaginée par Carsten Höller et Philippe Parreno pour une station d’écoute des bruits alentours (bruits de la nature, passages d’avions, étoiles filantes...) dans laquelle il serait possible de passer la nuit.
Carsten Höller et Philippe Parreno, Maison-Oreille, 2013.

À gauche vers les fenêtres l’enseigne néon de François Curlet accrochée devant une fenêtre aurait pu donner le titre à cette exposition. Ce déploiement d’oeuvres ne procède-t’il pas d’une légère perversion du conceptuel, déguisé sous des formes multiples ? Un jour un commissaire d’exposition a qualifié notre programme de « conceptual trash », on pourrait aussi dire « art brut conceptuel ».
François Curlet, Western, 2005/2006.

Le grésillement du néon accentue le vacillement du tableau d’âtre d’Ingrid Luche placé sous une fenêtre, qui évoque peut-être une scène de Demain les chiens de Clifford D. Simak.
Ingrid Luche, Chinoiserie (Feu de cheminée), 2014.

Dans une élégante vitrine, dix délicates répliques de doubles champignons sont alignés comme dans un musée d’histoire naturelle, sagement hallucinés (*)
Carsten Höller, Double Mushroom Vitrine (Tenfold), 2018.

Le titre du caisson lumineux de Pierre Joseph décrit parfaitement ce qu’il est : une reprise, comme on dit en musique, d’un cowboy déjà deux fois célébré, par Marlboro puis par Richard Prince. Ce qu’il ne dit pas, c’est la mélancolie de l’œuvre.
Pierre Joseph, Décor, Marlboro cow-boy (Richard Prince), 1992/2019.

Rouge aussi le rebondissement du néon vers la peinture / bas-relief transgenre de Sadie Benning.
Sadie Benning, X, 2016.

Des chaises de-ci de-là, celles-ci sont customisées par Rob Pruitt et vous offrent une station d’arrêt ou de repos.


2ème ÉTAGE
Au deuxième étage nous avons prévu une salle de projection, un espace d’exposition et un espace semi-privé derrière une porte pivotante. L’aménagement a été conçu par Sébastien Truchot de l’agence PCA-Stream.Déformation de la mémoire ? La même vue d’exposition de Josh Smith, mais, attendez, n’est-elle pas plus grande ?
Eliza Douglas, Josh Smith, 2018.

À l’extérieur du mur en angle qui délimite le futur espace de projection une œuvre d’Allen Ruppersberg, Le Mot Juste. Encore de la justesse, et une ligne d’horizon. Sept sérigraphies pour un poème samouraï.
Allen Ruppersberg, Le Mot Juste and The Circus, 1988.

Face à vous, une porte encore, dessinée par Pierre Le-Tan à qui nous rendons hommage, il nous a quitté le 17 septembre et il nous manque aujourd’hui.
Pierre Le-Tan, Sans titre, 2017.

La Chaise Jaune et la Chaise Bleue faisaient partie du décor réalisé par Guy de Cointet pour sa performance « De Toutes les Couleurs » (1982, collection Musée Reina Sofia, Madrid). Les chaises originales ont disparu avec une partie du décor et c’est grâce aux archives très précises de l’artiste - gamme de couleurs, croquis cotés, photographies des performances... que ces deux multiples ont pu être réalisés conformément aux originaux.
Guy de Cointet, Chaise Bleue, Chaise Jaune [De toutes les couleurs, 1982], 2018.

Les formes anguleuses du dossier de ces chaises se retrouvent dans deux dessins tardifs de l’artiste, paysages de désert californien en épure.
Guy de Cointet, Sans titre, ca. 1980.

Une « wall piece » d’Adriana Lara est une plaque de plâtre montée sur châssis dont la découpe est irrégulière. Un pan de mur tremblé, repeint de même blanc que le mur qui le soutient. Adriana Lara, Wall Piece #3, 2015.
Rob Pruitt a un jour décidé qu’il peindrait des pandas tant qu’il y en aurait, sa réponse à la biodiversité en danger à l’ère du Capitalocène.
Rob Pruitt, Picnic, 2017.

Adepte plein d’humour du collage surréaliste, il a composé des tables avec des pneus argentés posés sur des patins à roulettes, celle-ci est une coupe à fruits.
Rob Pruitt, Roller Rink Coffee Table II (Fruit Bowl), 2017

Bruno Pelassy était un ami proche, disparu en 2002. Nous vous présentons l’une de ses dernières œuvres, inachevée, un jouet mécanique paré de plumes et de peau de serpent. Bruno Pelassy, Sans titre, 2001
L’ardente répétition d’une pratique quotidienne a donné naissance aux objets parés de bijoux de plastique de Sarah Pucci, la mère de l’artiste Dorothy Iannone. Ces oeuvres intenses ont été réalisées au cours de la deuxième moitié du XXème siècle et régulièrement envoyées par voie postale à sa fille qui vivait en Europe, comme autant de gages de son amour. Ils scintillent d’une aura de beauté carnavalesque, idéalisée, sous stéroïdes.
Sarah Pucci, A Heart That Sees You, 1990s.

A gauche, sous les fenêtres, vous suivez Andy Capp, le personnage d’un comic-strip anglais créé par Reg Smyth et publié dans The Daily Mirror dans les années 50. Andy promène sa casquette-cigarette dans des vues de chantier par la double exposition d’un négatif. Notre vie, toujours en chantier.
Torbjørn Rødland, ACV01, ACV06, ACV07, ACV14, ACV17, 2009.

M/M (Paris) sont deux talentueux artistes graphiques qui ont fait le logo de Komunuma. Un M a une belle main, il dessine. L’autre M a une belle oreille et avait en 1998 composé la bande son techno pour l’exposition de Sturtevant ça va aller. Face à vous, un grand lion stylisé et lumineux.
M/M (Paris), Zu Assenheim, 2006.

Au fond de cette salle, l’emplacement du futur écran de projection est actuellement recouvert par une image aux dimensions des panneaux publicitaires urbains. On y voit un père Noël sur un bord de mer. C’est Shimabuku qui, en 1991, a ramassé les déchets sur cette plage abandonnés et offre une image fugace et saisissante aux voyageurs du train à grande vitesse qui regardent par la fenêtre au bon moment. Le père Noël ramasse les ordures d’un littoral souillé. Poésie écologique anticipatrice.
Shimabuku, Noël dans l’hémisphère Sud, 1994/1999.

Plus de lumière ! Vous pardonnerez le manque d’éclairage dans cette salle, le retard des travaux ne nous a pas laissé assez de temps pour les lumières additionnelles. Vous êtes dans un work in progress. Un mur de dessins réunit des œuvres des femmes en 68 couleurs de Mathias Augustyniak, des femmes triadiques de Mïrka Lugosi, des Statues de la Liberté qui ont la larme à l’œil de Dorothy Iannone (qui a actuellement une exposition personnelle au Centre Pompidou)
Mathias Augustyniak, Woman in 68 colors n°3 ; Woman in 68 colors n°4, 2010 ; Dorothy Iannone, Our Liberties, 2015 ; Mïrka Lugosi, Variations Schlemmer n°1 ; Variations Schlemmer n°2 ; Variations Schlemmer n°3, 2009-2012.

Puis des oiseaux maquillés par Jean-Luc Verna : Jean-Luc Verna, Madame Rature, 2019; Jean-Luc Verna, Pank, 2019.
Enfin, à l’intersection de l’oeuvre filmée et des peintures de Sarah Morris, une œuvre dont les motifs sont peints à la gouache sur des affiches originales de films. Notre Alain Delon national campe Le Samouraï, en face du Père Noël.
Sarah Morris, Tiger [Le Samourai], 2017.

Quand vous ressortez de cette salle, à votre gauche en hauteur, une araignée prête à sauter du grand cinéaste et photographe Jean Painlevé qui a dédié une vie aux fonds marins.
Jean Painlevé, Araignée sauteuse, 1930.

Vous passez la grande porte pivotante, attirés par le son de Saturday Night Fever qui provient d’une petite télé jaune sur laquelle nous présentions les premiers films de Brice Dellsperger dans les années 90. Double souvenir.
Brice Dellsperger, Body Double 13, 1999.

Au dessus, une gouache où l’on voit l’artiste en double et en Angie Dickinson, qui campait en 2001 tous les rôles de « Pulsions » de Brian de Palma (1980) pour son Body Double 15.
Brice Dellsperger, Angie said « Meet me at the Met (featuring Alex Katz and Tom Palmore), 2019.

Mais voilà j’habite en France, et voici une photographie sans âge de Michel Houellebecq, qui transporte une image bucolique au Bas-Pays, la zone industrielle de Romainville, Grand Paris.
Michel Houellebecq, France #024, nd.

Une toile libre de Stéphane Dafflon marque le passage vers la cuisine. Stéphane Dafflon, TL005, 2019.

Et vous arrivez dans un espace qui sera semi privé, là où nous prévoyons une cuisine (nous faisons bien le risotto chez Air de Paris), un salon où l’on cause ou bien où l’on se repose et une bibliothèque. Un espace plus domestique mais pas encore domestiqué.A droite sous la fenêtre une folie acidulée de Lily van der Stokker qui (ne) dit rien, juste son être-là absurde et grinçant.
Lily van der Stokker, Nothing (Dark Pink), 2014.

En face, une œuvre joyeusement colorée de Guyton\Walker, une impression numérique recto-verso sur matelas.
Guyton\Walker, Stripe_Venice_Paris_Abstractcanvas80_, 2013.

«Chacun buvait quotidiennement plus de verres qu’un syndicat ne dit de mensonges pendant toute la durée d’une grève sauvage», un extrait deIn girum imus nocte et consumimur igni de Guy Debord (1978) comme une ritournelle à leds. Prochaines dérives psychogéographies en banlieue parisienne. Le frigidaire ne fait pas partie de l’oeuvre. Noah Barker, Decommissioned Cuba Libre Assembly Line Clock (Debord), 2018.

Deux rares peintures de Jef Geys qui reprend le motif décoratif orientalisant de carreaux de faïence produits par Gavra, une entreprise basée dans sa chère Campine (re. les Kempens), qu’il agrandit à un mètre carré.
Jef Geys, Untitled (Gavra series), 1980s, acrylique sur toile, signé au dos.

Pour Marinetti, les hommes pensent, rêvent et agissent selon ce qu’ils boivent et mangent. Ainsi la cuisine devenait une partie intégrante de l’expérience esthétique futuriste. Les actions de Ben Kinmont testent la résistance de l’oeuvre d’art dans des formes non strictement artistiques : un dîner, la participation à un salon, une action éphémère. La gastronomie, structure artistique, mais aussi temporaire devient alors un modèle puissant pour tester les limites de l’art.En 2002 à Montpellier, en 2011 à Amsterdam et à New York, en 2015 à Rome il organisait ses expositions gustatives, dont les menus sont traditionnellement imprimés en typographie au plomb.
Ben Kinmont, An exhibition in your mouth [Montpellier: Antinomian Press, 2002], 2002Ben Kinmont, An Exhibition in your Mouth [Amsterdam: Antinomian Press, 2011], 2011Ben Kinmont, An Exhibition in your Mouth [New York: Antinomian Press, 2011], 2011Ben Kinmont, An Exhibition in your Mouth [San Francisco: Antinomian Press, 2012], 2012Ben Kinmont, An Exhibition in your Mouth [Rome: Antinomian Press, 2015], 2015.

Bruno Serralongue se rend régulièrement à Calais depuis 2006, il en a ramené des images de la ‘jungle’, des migrants et du ‘bidonville d’État’ dont un ensemble est actuellement exposé au Centre Pompidou. Faute d’approvisionnement suffisant, la Calais Kitchen tenue par des bénévoles anglais a dû fermer ses portes pendant une semaine en juillet 2016. Une semaine, c’est très long quand on vit dans des conditions pareilles...
Bruno Serralongue, Dear Friends, « bidonville d’État » pour migrants, Calais, 07 juillet 2016, 2016.